Halloween : les légendes urbaines américaines que l’on se raconte !

Avant Netflix – et sa lointaine ancêtre la TV – les soirées étaient longues. La coutume était donc de se regrouper autour du feu et de se raconter des histoires. De préférence flippantes, les histoires : goules, vampires, fantômes, sorcières et démons… On pourrait croire qu’au fil des siècles, les croyances populaires auraient fini par prendre un coup. Mais non. On a même vu naître de nouvelles légendes qui se déroulent dans un cadre tout ce qu’il y a de plus actuel. On les appelle les légendes urbaines. Si elles fonctionnent dans le monde entier, elle ont particulièrement la côte aux USA, où on les raconte avec délice autour d’un feu de camp, en faisant griller des marshmallows… ou pour Halloween !

Légendes Urbaines américaines : les classiques

En matière de légendes urbaines, chaque pays à ses spécialités. La Dame Blanche est un classique intemporel. Il y a très très très longtemps, c’était une jeune femme morte avant ses noces – ou une jeune maman à la recherche de son enfant mort-né – qui attirait les hommes pour les faire basculer du haut d’une falaise ou les noyer (dans des marais, un lac… ce qu’elle avait sous la main !).

Au 20ème siècle, la légende s’est urbanisée. La Dame Blanche est désormais une auto-stoppeuse plutôt canon, qui demande qu’on la dépose ici ou là, et qui ne décroche pas un mot de tout le trajet. Les Américains adorent l’histoire. Dans leur version, la belle demande à être déposée chez elle. Le conducteur fasciné ne peut s’empêcher de revenir sur les lieux le lendemain matin et de frapper à la porte. Généralement, c’est une vieille dame éplorée qui ouvre, annonçant que la jeune beauté mystérieuse était sa fille, morte depuis 20 ans.

L’autre grand classique du répertoire américain ? Bloody Mary ! Pardon : Bloody Mary ! Bloody Mary ! Bloody Mary ! Ou : Marie la Sanglante, en version française. Bloody Mary/Marie la Sanglante était la fille ainée du roi Henri VIII d’Angleterre. Fervente catholique, Marie Tudor grillait de l’hérétique avec frénésie. Il faut dire qu’elle avait semble-t-il, les nerfs un peu attaqués, et qu’elle enchainait les grossesses nerveuses. Est-ce qu’elle est à l’origine de la Bloody Mary made in USA ? Possible !

La Bloody Mary américaine a la réputation d’être tantôt une sorcière enterrée vivante par son père, tantôt une mère en quête de son bébé. Elle s’invoque la nuit, à la lueur de la chandelle, face à un miroir, en scandant « Bloody Mary ! Bloody Mary ! Bloody  Mary ! ». Hélas, elle pointe de préférence en robe sanguinolente, pour réclamer son bébé et trucider la personne qui l’a appelée.

Dans la catégorie des classiques d’Halloween, on retiendra surtout l’affaire de la pomme. Le soir d’Halloween, il est fréquent que l’on organise quelques jeux, dont la pêche à la pomme. Des pommes qui flottent dans une bassine et que les enfants doivent croquer pour les pêcher… mignon, non ? C’est sans compter contre les psychopathes qui profitent de l’occasion ! Leur technique ? Glisser une lame de rasoir dans la pomme, tranchant ainsi la langue des chérubins. Contrairement à Mary et la Dame Blanche, cette légende urbaine n’est pas tout à fait irrationnelle. Et il est fréquent de croiser quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un à qui c’est arrivé…

Elle court, elle court, la rumeur !

Aux USA comme ailleurs, les légendes urbaines étaient à l’origine des rumeurs. C’est ainsi que Walt Disney s’est transformé en personnage sulfureux… Descendant des sorcières de Salem, il se serait fait cryogéniser et son corps serait conservé dans l’attraction « Pirates des Caraïbes ». D’autres sources affirment que s’il est bien mort, il continue de serrer la vis à ses employés, puisqu’il hanterait non seulement ses parcs d’attractions, mais aussi ses studios…

Si les sorcières et Hollywood ont fourni un bon nombre de légendes urbaines, les USA affichent un goût particulier pour celles qui mettent en scène des meurtres improbables. Comme la fameuse « histoire vraie » du Canadair qui est allé récupérer de l’eau dans un lac, et qui a récupéré du même coup un cadavre qui flottait là. La suite est logique : le corps a été découvert au moment où il a été largué sur l’incendie. Sauf que l’histoire n’est absolument pas vraie… Normal, pour une légende urbaine ? Pas si sûr !



Certaines légendes urbaines sont effectivement inspirées de faits plus ou moins réels… et plus ou moins flippants ! Tu te souviens peut-être avoir vu passer cette vidéo « prouvant » les ravages des ondes produites par les smartphones ? Des ondes si puissantes qu’on pouvait les utiliser pour faire cuire du pop-corn ? Fake. En réalité, c’était un clip promotionnel pour un kit mains libres. Si tu n’as pas de poêle, mieux vaut donc avoir un sachet de popcorn tout prêt à déguster sous la main, plutôt que de compter sur ton téléphone.

Cela dit, d’autres légendes urbaines américaines ont été inspirées de faits plus glauques… On raconte par exemple que certains criminels se débarrasseraient des cadavres encombrants en les glissant discrètement dans les maisons hantées. Eh bien, après une carrière criminelle honorable dans l’Ouest américain, un certain Elem McCurdy s’est fait refroidir par un chasseur de prime en 1911. Mais il a connu une seconde carrière (et une seconde « vie ») une fois embaumé, puisque sa momie est devenue un décor plus vrai que nature dans un train hanté.

Les USA : créateurs de légendes urbaines depuis… longtemps !

Forcément, les légendes urbaines ont inspiré le cinéma américain. LA série de référence, c’est Urban Legend. Le premier film est sorti en 1998, et il racontait comment des étudiants qui suivaient un cours dédié aux légendes urbaines décédaient de mort violente et non naturelle évoquant justement… des légendes urbaines. Suivront deux opus du même calibre en 2004 et 2015. Bon. On n’est pas sur un candidat à l’Oscar. Mais c’est une série qui est assez sympa pour faire frissonner pour Halloween, si tu as les nerfs trop fragiles pour Ça et autres Conjuring.

Bizarrement, Hollywood a aussi inspiré des légendes urbaines. Les enfants des années 1990 se rappellent peut-être de Scream, le film qui vint redonner un peu d’élan au film d’horreur. Le tueur avait la fâcheuse tendance d’appeler ses victimes en leur faisant comprendre qu’il était là et qu’il allait les trucider d’un instant à l’autre. Suivirent des années de blagues d’un goût douteux : puisque les premiers téléphones portables ne permettaient pas de s’envoyer des vidéos de chat mignons, on les utilisait pour faire croire qu’on était un tueur et pour bondir sur son/sa coloc’… Autant dire que les ados étaient tous blasés. Y compris une jeune Anglaise qui a reçu un coup de fil douteux, en mode « Je suis là », et qui ne l’a pas pris au sérieux. Malheureusement pour elle, il y avait bien un type qui était planqué sous son lit… Pour le coup, l’histoire se termine bien. Alors, rassure-toi. Mais ne prends pas trop la confiance pour autant…

S’il y a bien une leçon à tirer des légendes urbaines américaines, c’est qu’on ne sait jamais bien où la vérité commence, et où elle finit…

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